Exercices numériques

Faites le calcul au propre avant d'ouvrir le corrigé. Marquez "réussi" uniquement si vous avez trouvé seul.

Bloc A — Remise à niveau — mathématiques appliquées

Intégrale spectrale discrète ★☆☆

Un spectromètre mesure une luminance spectrale $L_\lambda$ aux longueurs d'onde 8, 9, 10, 11, 12 µm : valeurs respectives 30, 45, 50, 40, 25 W·m⁻²·sr⁻¹·µm⁻¹. Estimez la luminance intégrée sur la bande 8–12 µm par somme des trapèzes (pas Δλ = 1 µm).

Corrigé

Trapèzes : $L \approx \Delta\lambda\left[\frac{L_1+L_n}{2} + \sum_{i=2}^{n-1}L_i\right] = 1\times[\frac{30+25}{2} + 45+50+40] = 27{,}5 + 135 = 162{,}5$ W·m⁻²·sr⁻¹.

Point de vigilance : ne pas oublier le pas Δλ — sommer les valeurs seules donne 190 (sans unité cohérente).

Fréquence de coupure de diffraction ★★☆

Calculez la fréquence de coupure de diffraction $\nu_c = 1/(\lambda N)$ au plan image pour : (a) une caméra LWIR à $\lambda = 10$ µm, F/2 ; (b) une caméra MWIR à $\lambda = 4$ µm, F/4. Dans chaque cas, un pixel de 15 µm échantillonne-t-il au-dessus ou en dessous de Nyquist ?

Corrigé

(a) $\nu_c = 1/(10^{-5} \times 2) = 50$ cycles/mm. Nyquist pixel : $\nu_N = 1/(2p) = 1/(2\times15\times10^{-6}) = 33{,}3$ cycles/mm. $\nu_c > \nu_N$ → sous-échantillonné (aliasing).

(b) $\nu_c = 1/(4\times10^{-6}\times4) = 62{,}5$ cycles/mm. Encore $\nu_c > \nu_N$ → sous-échantillonné, plus fortement.

Conclusion : un pixel de 15 µm sous-échantillonne dans les deux cas — typique des imagers IR où on privilégie la portée au détriment du respect strict de Shannon.

Bruit de photons et temps d'intégration ★★☆

Un pixel reçoit en moyenne 400 photons de signal par intégration. (a) Quel est le SNR limité par le bruit de photons ? (b) On divise le temps d'intégration par 4 (frame rate ×4). Nouveau SNR ? (c) Combien de frames faut-il sommer pour retrouver le SNR initial ?

Corrigé

(a) SNR = $\sqrt{N} = \sqrt{400} = 20$.

(b) Flux constant → 100 photons → SNR = $\sqrt{100} = 10$.

(c) Sommer $N$ frames divise le bruit par $\sqrt{N}$ si indépendant : il faut $N = 4$ frames pour retrouver SNR = 20 (4 frames × 100 photons = 400).

Leçon : frame rate et sensibilité s'échangent en $\sqrt{t_{int}}$ — la physique ne laisse pas le choix.

Seuil de détection et fausse alarme ★★★

Le bruit de fond est gaussien, $\sigma = 12$ ADU autour d'une moyenne de 100 ADU. On place le seuil à $\mu + 5\sigma$. (a) Seuil en ADU ? (b) Ordre de grandeur de $P_{fa}$ par pixel ? (c) Une image de 640×512 pixels — combien de fausses alarmes attendues par image ? Que faut-il faire ?

Corrigé

(a) Seuil = 100 + 5×12 = 160 ADU.

(b) $P_{fa}(5\sigma) \approx 3\times10^{-7}$ par pixel.

(c) 640×512 = 327 680 pixels → $327680 \times 3\times10^{-7} \approx 0{,}1$ fausse alarme/image — soit ~1 FA toutes les 10 images. Acceptable mais non nul : à 25 Hz, ~2,5 FA/seconde de détections à filtrer. Il faut une étape de confirmation (corrélation temporelle, taille de blob, classification) — le seuil seul ne suffit pas sur une grande image.

Produit de convolution discret ★★☆

Soit la ligne d'image $I = [0, 0, 0, 10, 10, 10, 0, 0]$ (un objet de 3 pixels brillants). Calculez la convolution par le noyau moyenneur $K = [1,1,1]/3$ aux positions 3, 4, 5 (indices de 1 à 8, bords ignorés).

Corrigé

Position 3 (centrée sur le 3ᵉ pixel, voisins 2,3,4) : $(0+0+10)/3 = 3{,}33$. Position 4 : $(0+10+10)/3 = 6{,}67$. Position 5 : $(10+10+0)/3 = 6{,}67$.

Le bord de l'objet s'étale sur 1 pixel de chaque côté — c'est le flou du filtre. En fréquence : le moyenneur atténue les hautes fréquences (le bord net devient progressif).

Bloc B — Physique de l'optronique

Loi de Wien — choix de bande ★☆☆

Calculez $\lambda_{max}$ pour : (a) un homme à 310 K ; (b) un moteur de véhicule à 400 K ; (c) un flash de tir à 2000 K. Quelle bande privilégier pour chaque cible ?

Corrigé

$\lambda_{max} = 2898/T$ µm. (a) 2898/310 = 9,3 µm → LWIR. (b) 2898/400 = 7,2 µm → limite MWIR/LWIR, le LWIR capte encore bien. (c) 2898/2000 = 1,45 µm → SWIR.

Leçon : plus la source est chaude, plus le pic se décale vers les courtes longueurs d'onde — c'est pourquoi on détecte les tirs en SWIR et les hommes en LWIR.

Stefan-Boltzmann — signature d'un échappement ★★☆

Un échappement de 0,05 m² est à 600 K, le reste du véhicule à 300 K. (a) Rapport des exitances M(600)/M(300) ? (b) Exitance de l'échappement ? (c) Pourquoi cette tache est-elle discriminante pour un ATR même si le véhicule est camouflé ?

Corrigé

(a) $(600/300)^4 = 2^4 = 16$ — l'échappement émet 16× plus par m².

(b) $M = \sigma T^4 = 5{,}67\times10^{-8} \times 600^4 = 5{,}67\times10^{-8} \times 1{,}296\times10^{11} \approx 7{,}35$ kW/m².

(c) La tache chaude localisée est une signature d'aspect : sa position/caractéristique trahit un moteur, indépendamment du camouflage de surface — c'est un indice ATR robuste.

Transmission atmosphérique ★☆☆

Avec $\sigma = 0{,}18$ km⁻¹, calculez la transmission $\tau$ à 2, 5 et 10 km. Un système a besoin de τ > 0,5 pour fonctionner : quelle est sa portée limite ?

Corrigé

$\tau = e^{-\sigma R}$. 2 km : $e^{-0{,}36} = 0{,}70$. 5 km : $e^{-0{,}9} = 0{,}41$. 10 km : $e^{-1{,}8} = 0{,}17$.

τ = 0,5 → $R = \ln(2)/\sigma = 0{,}69/0{,}18 = 3{,}8$ km. La portée s'effondre avec la météo — le même capteur fait 2× mieux à σ=0,1/km.

Tache d'Airy vs pixel ★★☆

Caméra LWIR, λ = 10 µm, D = 150 mm, f = 300 mm, pixel 12 µm. (a) θ_Airy ? (b) Taille de la tache au plan image ? (c) Le pixel résout-il la diffraction ?

Corrigé

(a) $\theta_{Airy} = 1{,}22\times 10^{-5}/0{,}15 = 81$ µrad.

(b) Tache = $\theta \times f = 81\times10^{-6} \times 0{,}3 = 24$ µm.

(c) Pixel 12 µm vs tache 24 µm → 2 pixels/tache → bon échantillonnage (≈ Nyquist). Si D passait à 300 mm : tache 12 µm = pixel → limite juste atteinte.

Éclairement image et F/# ★★☆

Une cible de luminance de contraste $\Delta L = 4$ W·m⁻²·sr⁻¹ est vue par une optique F/2, τ_o = 0,75. (a) Éclairement au plan image ? (b) Même optique mais F/4 : quel impact sur le flux et le compromis ?

Corrigé

(a) $E = \pi\Delta L\tau_o/(4N^2) = \pi\times4\times0{,}75/(4\times4) = 0{,}59$ W/m².

(b) F/4 : $E = \pi\times4\times0{,}75/(4\times16) = 0{,}15$ W/m² — 4× moins (loi en 1/N²). F/2 collecte 4× plus de lumière mais l'optique est plus grosse/lourde et la profondeur de champ plus courte — le trade luminosité vs masse/aberrations.

NETD et SNR requis ★★★

Un imager a un NETD de 40 mK. On veut détecter une cible à ΔT = 2 K. (a) SNR de détection ? (b) Pour atteindre SNR = 5 (seuil de détection robuste), de combien faut-il améliorer le NETD ou augmenter le flux ?

Corrigé

(a) SNR = ΔT/NETD = 2000/40 = 50 — confortable.

(b) Pour SNR = 5 sur ΔT = 2 K, il faut NETD ≤ 400 mK — déjà largement atteint. Mais : à longue portée, l'atmosphère atténue le contraste : si τ = 0,2, ΔT apparent = 0,4 K → SNR = 10. C'est là que le NETD redevient critique : à faible transmission, chaque mK de NETD compte.

Portée d'un télémètre laser ★★★

Un LRF 1,54 µm a une puissance crête $P_t = 1$ MW, divergence 0,5 mrad, cible 2,3 m (ρ = 30 %), σ = 0,15/km. Le récepteur détecte $P_r \geq 10$ nW. Estimez la portée où le signal tombe au seuil (modèle $P_r \propto P_t\rho A_r\tau^2/(R^2\theta^2)$, A_r = surface faisceau sur cible ≈ (Rθ)² pour spot couvrant la cible → simplification : le flux revient en 1/R⁴ effectif pour grande cible... utilisez $P_r = P_t\rho\tau^2 A_{cible}\pi/(4\pi R^2) \times (1/\Omega_{spot})$ et discutez).

Corrigé

Modèle cible étendue dans le faisceau (spot < cible) : le flux réémis ∝ puissance surfacique × ρ × τ², recueilli ∝ A_r/R². Puissance au spot : $P_t\tau$ ; densité ≈ $P_t\tau/(\pi(R\theta/2)^2)$.

Le calcul exact dépend des hypothèses — la leçon est la dépendance en τ² et 1/R⁴ : l'aller-retour atmosphérique et la géométrie écrasent le signal. À 10 km, τ² = 0,05 → signal effondré. En pratique un LRF de cette classe fait ~10–15 km sur cible OTAN en air clair — le seuil de détection et l'optique de réception (D_r) fixent la limite exacte.

FOM d'un tube I² ★☆☆

Un tube I² a un SNR de 30 et une résolution de 68 lp/mm. (a) FOM ? (b) Classez-le (Gen 2 standard / bon Gen 3 / haut de gamme). (c) Un concurrent annonce « Gen 4 » sans chiffres : que demandez-vous ?

Corrigé

(a) FOM = 30 × 68 = 2040.

(b) Haut de gamme (FOM > 2000).

(c) Le FOM = SNR × résolution, l'EBI, le halo, l'autogating — « Gen 4 » n'est pas un standard : exiger les paramètres mesurés.

Bloc C — Performance & évaluation

Portée Johnson ★★☆

Un imager a un IFOV de 40 µrad (2 px/cycle → cycle = 80 µrad). Cible homme D_crit = 0,75 m. Calculez les portées pour : détection (N50=1,5), reconnaissance (N50=4), identification (N50=7).

Corrigé

$R = D_{crit}/(N50\times\text{IFOV}_{cycle})$.

Détection : 0,75/(1,5×80×10⁻⁶) = 6 250 m. Reconnaissance : 0,75/(4×80×10⁻⁶) = 2 344 m. Identification : 0,75/(7×80×10⁻⁶) = 1 339 m.

Sanity check : les portées sont dans le rapport des N50 (1,5:4:7). Attention : ce sont des portées système parfait — l'atmosphère les réduira (fiche C2).

Cycles vs pixels — le piège classique ★★☆

Un fournisseur annonce « reconnaissance homme à 5 km ». Son imager : IFOV 30 µrad. Reconnaissance exige 4 cycles. (a) En cycles : la portée prévue ? (b) Si le fournisseur confond cycles et pixels (4 pixels), que dit-il à tort ?

Corrigé

(a) Cycle = 2 px = 60 µrad. R = 0,75/(4×60×10⁻⁶) = 3 125 m — il ne fait pas 5 km.

(b) S'il pense « 4 pixels = 120 µrad » : R = 0,75/(4×30×10⁻⁶)... non, s'il utilise 4 pixels comme 4×30=120 µrad au lieu de 4 cycles=240 µrad : R = 0,75/(4×30e-6×2)...

Clarifions : 4 cycles = 4×60 = 240 µrad sur cible → 3 125 m. S'il calcule « 4 pixels » = 4×30 = 120 µrad → R = 0,75/120e-6 = 6 250 m — il double la portée en confondant cycles et pixels. C'est l'erreur la plus fréquente : 1 cycle = 2 pixels.

Lecture de courbe MRTD ★★☆

Une courbe MRTD donne : à 2 cycles/mrad → 80 mK ; à 5 cycles/mrad → 300 mK ; à 8 cycles/mrad → 1,2 K. (a) À quelle fréquence la résolution 'meurt' (MRTD explose) ? (b) Une cible à ΔT = 0,4 K : quelle fréquence spatiale max résoluble ? (c) Que dit le MRTD à très basse fréquence du NETD ?

Corrigé

(a) Vers 8+ cycles/mrad (MRTD passe de 300 mK à 1,2 K — le système sature).

(b) À ΔT = 400 mK, on résout jusqu'à ~5–6 cycles/mrad (entre 300 mK@5 et 1,2 K@8).

(c) À basse fréquence, MRTD → valeur proche du NETD : les grandes formes demandent seulement la sensibilité, pas la résolution. MRTD basse fréquence ≈ limite de sensibilité.

Error budget : allocation de dégradation ★★★

Besoin : identifier (N50=7) une cible 2,3 m à 3 km. (a) IFOV requis ? (b) Pour un pixel de 15 µm, quelle focale ? (c) Si la stabilisation ajoute un jitter de 30 µrad, quel impact sur la MTF effective et la faisabilité ?

Corrigé

(a) IFOV_cycle = 2,3/(7×3000) = 110 µrad → IFOV pixel = 55 µrad.

(b) $f = p/\text{IFOV} = 15\times10^{-6}/55\times10^{-6} = 273$ mm — focale longue (optique lourde).

(c) Un jitter de 30 µrad = 0,55 IFOV — il étale l'image de plus d'un demi-pixel → MTF haute fréquence dégradée (facteur ~sinc). Faible marge : la stabilisation devient le point dur — il faut soit un meilleur stabilisateur (jitter < 15 µrad) soit revoir l'exigence de focale. L'error budget montre que la stabilité, pas l'optique, risque de faire échouer l'identification à 3 km.

Courbe ROC et Pd/Pfa ★★☆

Un ATR a les points (Pfa, Pd) : (10⁻⁶, 0,60), (10⁻⁵, 0,75), (10⁻⁴, 0,88). Le besoin exige Pd ≥ 0,8 à Pfa ≤ 10⁻⁵. (a) Le système est-il conforme ? (b) Que faut-il changer ?

Corrigé

(a) À Pfa = 10⁻⁵, Pd = 0,75 < 0,8 → non conforme.

(b) Il faut soit un seuil plus permissif (mais Pfa monte : à Pfa=10⁻⁴, Pd=0,88 ✓ mais trop de fausses alarmes), soit améliorer le détecteur (meilleure sensibilité/algorithme) pour déplacer la courbe ROC vers le haut — la métrique est l'aire sous la courbe (AUC), pas un point.

Kalman simplifié — prédiction de piste ★★★

Un tracker suit une cible à vitesse constante v = 15 m/s en azimut. À t=0, position x₀ = 0 avec incertitude σ₀ = 1 m. Le bruit de mesure σ_z = 2 m, bruit de modèle σ_Q = 0,5 m/s². (a) À t=0,5 s, position prédite ? (b) Si la mesure est perdue pendant 0,5 s (occlusion), comment l'incertitude évolue-t-elle ?

Corrigé

(a) $x_{pred} = x_0 + v\,t = 0 + 15\times0{,}5 = 7{,}5$ m.

(b) Sans mesure, l'incertitude croît : $\sigma^2_{pred} = \sigma_0^2 + (\sigma_Q t)^2 \approx 1 + (0{,}5\times0{,}5)^2 \approx 1{,}06$ m² → σ ≈ 1,03 m. Le Kalman tient la piste en prédiction pendant l'occlusion, mais l'incertitude grandit — c'est le 'track-through' spécifié (fiche C5). Au-delà d'une durée, la piste est perdue.

Bloc D — Systèmes & programmes armée de Terre

Choix d'équipement par scénario ★★☆

Scénarios : (a) détection d'un homme à 2 km de nuit claire ; (b) conduite nocturne d'un véhicule ; (c) localisation précise d'une cible pour l'artillerie. Pour chacun, choisissez : JVN I², caméra thermique (SOPHIE), JIM LR, épiscope nuit. Justifiez par la physique.

Corrigé

(a) Caméra thermique : un homme a une signature thermique que l'I² ne voit pas s'il est camouflé/invisible en lumière résiduelle — la thermique détecte par émission.

(b) Épiscope nuit / JVN : la conduite exige une vision naturelle (relief, obstacles) — l'I² ou l'épiscope à canal nuit, pas la thermique qui aplatit le relief.

(c) JIM LR : il combine thermique + LRF eye-safe + GPS/boussole → produit des coordonnées précises pour le feu, pas juste une image. C'est l'outil d'acquisition d'objectifs.

Boule drone : trade masse/résolution ★★★

Boule A : D = 100 mm, masse 8 kg. Boule B : D = 50 mm, masse ≈ 8×(50/100)³ = 1 kg. (a) Rapport des résolutions angulaires (λ constant) ? (b) Sur un drone de 15 kg limité à 2 kg de payload, laquelle choisir et quel est le coût en portée ?

Corrigé

(a) θ ∝ 1/D → B résout 2× moins bien que A (θ_B = 2θ_A) → portée de détection ~divisée par 2.

(b) Contrainte 2 kg → B obligatoire (A = 8 kg trop lourd). Coût : portée ~moitié — on compense par le vol plus bas/proche, la discrétion, ou plusieurs drones. Leçon : la masse impose la physique ; il n'y a pas de petit capteur longue portée.

Chaîne anti-drone : le temps est l'ennemi ★★☆

Un drone approche à 25 m/s. Le système détecte à 4 km. Délais : classification 4 s, décision opérateur 8 s, engagement brouillage efficace à 1,5 km. (a) Temps disponible entre détection et portée d'effet ? (b) Le système est-il viable ? Que faut-il ?

Corrigé

(a) Distance détection→effet = 4 − 1,5 = 2,5 km → temps = 2500/25 = 100 s.

(b) Décision = 4+8 = 12 s ≪ 100 s → viable pour ce drone lent. Mais pour un drone rapide (50 m/s) ou détection tardive (1,8 km) : temps dispo = 300/50 = 6 s < 12 s → perdu. Il faut détection plus lointaine ou décision automatique — la latence de la chaîne, pas la portée, fait la différence.

Seeker vs leurre : la discrimination ★★☆

Un seeker IR verrouille une cible à ΔT signature ~50 K, taille ~1 mrad, trajectoire ~constante. L'adversaire éjecte 3 leurres : ΔT ~200 K, apparaissent instantanément, trajectoire balistique. Par quels critères le seeker discrimine-t-il la vraie cible ?

Corrigé

Le seeker discrimine par signature + cinématique + histoire :

  • Température/signature : le leurre est plus chaud (ΔT 200 vs 50 K) — filtrable par seuil.
  • Cinématique : le leurre suit une balistique (décélère, tombe), la cible continue — le tracker Kalman (fiche C5) prédit la vraie trajectoire.
  • Apparition : le leurre naît soudainement — la piste préexistante est privilégiée (verrouillée avant leurre).
  • Spectre : les seekers multi-bandes discriminent par signature spectrale (le leurre est un point chaud pur, la cible une signature étendue).

En évaluation : la résistance aux leurres se teste en scénario leurré, pas sur cible seule.

Bloc E — Écosystème & veille technologique

Analyser une fiche produit ★★★

Une fiche annonce : 'Caméra IR 640×512, NETD 25 mK, portée détection véhicule 12 km'. Listez les 5 informations manquantes qui rendent cette annonce invérifiable, et pour chacune pourquoi elle change le résultat.

Corrigé
  1. Conditions NETD (F/#, t_int, T_scène) : un NETD à F/1 et 30 ms n'est pas à F/4 et 5 ms.
  2. Cible 'véhicule' : dimension critique, ΔT, aspect — sans cible de référence, la portée est vide.
  3. Tâche 'détection' : P_d et seuil — 50 % ou 90 % changent tout.
  4. Atmosphère : visibilité/σ — '12 km' en air idéal vs standard.
  5. Chaîne incluse ou non : traitement, ATR, ou image brute observateur.

Conclusion : une portée sans ces paramètres est un chiffre marketing — à re-modéliser sur base commune avant toute comparaison.

Benchmark comparatif à iso-contraintes ★★★

Capteur X : NETD 30 mK, IFOV 50 µrad, F/2, refroidi. Capteur Y : NETD 50 mK, IFOV 30 µrad, F/1,4, non-refroidi, masse moitié moindre. Pour la mission 'reconnaissance homme 1,5 km, véhicule léger' — lequel choisir ? Argumentez par la chaîne de performance, pas par la fiche.

Corrigé

Résolution : Y gagne (IFOV 30 vs 50 µrad → ~1,7× plus de cycles sur cible → portée reconnaissance ~1,7×). Sensibilité : X gagne (NETD 30 vs 50 mK, refroidi → mieux en faible contraste). Luminosité : Y gagne (F/1,4 collecte 2× plus que F/2). SWaP : Y gagne (moitié masse, non-refroidi → pas de Stirling, MCO simple).

Arbitrage : pour reconnaissance 1,5 km homme, la résolution domine → Y probablement suffisant et plus léger/moins cher (adapté véhicule léger). X est meilleur en faible contraste/longue portée mais surdimensionné. Leçon : le 'meilleur' capteur est celui qui équilibre la chaîne pour LA mission — pas celui avec le meilleur chiffre isolé.